Sauvages Dolomites


Sauvage (lieux) : que la présence humaine n’a pas marqué ; peu hospitalier.

C’est ce que les Dolomites m’inspirent. Un mélange de vastitude reposante et de verticalité mystique, qui attire et intimide. Des années que chaque photo qui passe réactive le rêve. Cette pointe d’envie et de frustration qui me titille, chaque fois un peu plus fort. Je me lance. Six jours au cœur du massif, de lacs en cols, tente et refuges, jusqu’aux Tre Cime et au-delà.

Eglise à Dobbiacco, Dolomites
Vue du lac de Braies, Dolomites

Intérieur refuge Fodara Vedla, Dolomites
Matin brumeux Dolomites

Vache grise Dolomites
Rue Innsbruck
Ciel nuageux montagne Dolomites
Rue ancienne Innsbruck
Vaches montagne Dolomites
Architecture Innsbruck

Quatrième jour. Nouveau départ. On prend à nouveau un bus qui nous amène à Misurina – quel bonheur que la région soit aussi richement desservie en transport ! Le temps est toujours gris et pluvieux, mais ce soir, nous avons une place en refuge. Alléluia.
De Misurina, il ne nous faut pas longtemps pour apercevoir les tant attendues Tre Cime. L’ascension se fait entre forêt et chemin minéral, avec toujours la majesté de ces gigantesques roches en point de mire. L’excitation est à son comble.

Rifugio di Auronzo

C’est dépouillé. Impressionnant. Enthousiasmant.

Cinquième matin. Il semblerait que la chance ait enfin tournée en notre faveur. J’ouvre les yeux à 6h sur une aube fabuleuse. Dire que je vois ça depuis ma fenêtre. La journée promet d’être splendide.

Fenêtre Auronzo Dolomites
Montagne le matin, Dolomites

Nous disons adieu à notre bel abri et à notre compagnon de chambrée – un jeune américain de 21 ans voyageant tout seul. Il est temps de filer faire le tour des Cime, avant de redescendre dans la vallée, pour ensuite remonter en face, jusqu’à Prato Piazza. Le soleil tape aussi fort que la pluie tombait drue, on peut le sentir sur nos nuques penchées. On passe de forêt en bord de rivière, le chemin s’élargissant de plus en plus. Faisons le plein de plat tant que nous le pouvons, car après, c’est une montée ardue qui nous attend, dans un sentier serpentant à l’ombre, étroit et bourré de racines. Typiquement le genre de chemin que j’adore. Nous marchons d’un bon pas, ignorant autant que faire se peut la chaleur. Je me concentre sur l’odeur sucrée de la résine et des herbes chauffées.

Pré Prato Piazza Dolomites
Coucher de soleil Vallandro, Dolomites

Dernier matin. Une longue et belle étape au programme pour rejoindre Dobbiaco. La traversée de Prato Piazza d’abord, puis une remontée inattendue et intense à flanc de montagne, sur un chemin assez vertigineux, ponctué de quelques traversées de pierriers gigantesques. Encore et toujours cette impression d’être seules au monde. Je suis surprise du peu de personnes que nous croisons. Je me sens privilégiée. Sorties des endroits connus et facilement accessibles par la route, tels que le lac de Braies ou les Tre Cime, les sentiers sont quasi déserts. Les forêts sont denses et silencieuses, troublées seulement par le pépiement des oiseaux. On ne serait pas surprises de voir surgir des elfes.

Le temps passe alternativement du beau au gris, du vent frais à une tiédeur moite, avant de se fixer pour de bon sur la fréquence de l’été. Je pensais que la pente qui relie Fodara à Pederü était d’une raideur peu commune, mais ce n’était pas si pire en comparaison de celle qui va du Pico di Vallandro au lac de Dobbiaco. Un putain de sacerdoce, sous une chaleur démentielle, ça va que nous savons que c’est la fin, et que l’on décide d’en rire – et de se demander comment font les randonneurs que nous croisons dans l’autre sens, et qui doivent se taper de monter tout ça ?

Le chocolat et les biscuits que nous grignotons sur un banc une fois en bas de cette descente de l’enfer ont le goût de la délivrance. Il nous reste une petite heure. Passé le lac de Dobbiaco, le village se profile à nouveau, avec lui quelques jolies fermes aux géraniums éclatants. Puis le bonheur de se décharger du sac pour de bon. De manger un toast chaud et une glace. D’enfiler des sandales. Et de se passer un coup de lingette sous les aisselles, surtout.

Nous repartons de la vallée sous un soleil généreux, heureuses et fières, et sans aucun regret. Mis à part celui, peut-être, de ne pas avoir pu relever le défi de marcher six jours, faire véritablement le tour de ce massif mythique. Mais finalement, n’est-ce pas exactement ainsi que je m’imaginais les Dolomites. Indomptables.

Port de Peschiara del Garda - Italie

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Commentaires sur « “Sauvages Dolomites” »

  1. Simoncini

    Excellent ! ça m’a fait trop plaisir de te lire sur les Dolos ça m’a remémoré ce tour magnifique qu’on a presque fait en entier, et c’était top j’ai adoré retrouvé les noms de tous ces endroits que l’on a côtoyés sous un ciel de plomb ou un soleil d’enfer.
    Plein de bisous

    1. Marie Baum.

      Oui, que de bons souvenirs ❤️

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