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L’automne à Tseuzier
L’automne est ma saison préférée. Sans doute celle qui me ressemble le plus, comme un reflet dilué, vaste et changeant, de mon être. D’une partie, du moins. C’est elle qui nous offre les plus beaux contrastes. Les couleurs, bien sûr, qui éclatent sur la pupille, donnant au paysage une intensité grave et joyeuse. La lumière, chaude et mordorée, que l’on imagine sur notre visage et sur nos bras, comme une dernière caresse, comme une invitation à sortir et goûter encore quelques heures d’un été déjà disparu. Et les jours pluvieux qui nous intiment de ne pas bouger, d’écouter un peu de jazz et de laisser les heures s’écouler dans une réconfortante pénombre.
L’automne est le pays de l’heureuse mélancolie.

J’ai découvert le lac de Tseuzier un de ces Octobres. La lumière de l’après-midi, déjà sur le départ, tandis que j’aspirais les virages de la petite route de montagne, toutes vitres ouvertes, Feu! Chatterton et Paradis s’évadant des haut-parleurs. Il y avait quelque chose de grisant à être là. À rouler sur des flancs inconnus, à s’arrêter sur les bas-côtés pour immortaliser la splendeur des alentours – collines parsemées de villages, roches abruptes et violentes. Quelle surprise de sentir cette énergie vibrer ici. L’énergie de la découverte. Ainsi, nul besoin de s’échapper très loin pour que l’émotion affleure.

Il faisait froid quand j’ai claqué la portière. Les rives du lac m’attendaient, dans l’ombre. J’ai marché sur les chemins humides et boueux, sur les épines molles et rebondies. Je me suis extasiée dans le silence, capturant sur pellicule l’architecture de ce décor majestueux. J’ai croisé quelques âmes. Je me suis dit « je ne suis pas seule ». C’est que là-bas, on est au bout du monde, au sommet de la route, au pied de la montagne, à la naissance de la forêt. Là-bas on entend le bruit de la rivière et du vent.



L’eau était d’un bleu terrible, presque irréel. La végétation aux derniers jours de sa consécration, profonde et captivante. Parfois je marchais vite, le souffle court dans la gorge. Parfois, je passais des minutes à étudier la découpe d’une tige sur l’eau, cherchant à savoir si cela ferait une belle photo. Je fredonnais Zone Libre et Sari d’Orcino, parce qu’il n’y avait personne pour m’entendre par-dessous ces branches.
Souriante et soucieuse, je me demandais de quoi après-demain serait fait, me disant qu’il faudrait que je revienne ici un jour.




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