À votre jardin intérieur


Quand j’étais petite, ma mère me disait toujours de cultiver mon jardin intérieur. J’entendais ce joli conseil, sans toutefois comprendre tout ce qu’il impliquait vraiment. Parlait-elle de mon imagination, de ma sensibilité, de ma singularité, de cette voix qui me parlait sans cesse, de mes désirs, de mes rêves ? J’ai tenté de le suivre bon an mal an, le perdant parfois de vue (tout en ignorant que je l’avais égaré, d’ailleurs).

Mais il m’est revenu, car c’était bien un simple égarement, une maladresse. Aujourd’hui je suis adulte, et j’entrevois un peu mieux la puissance de ces quelques mots. Cultive ton jardin intérieur. Je comprends combien c’est tout ce que j’ai cité plus haut, et bien plus encore.

Prononcés à l’enfant que j’étais alors, c’était une porte ouverte sur l’acceptation de soi, un caillou semé vers la spiritualité. Tout cela ne fait sens que maintenant.

J’aime l’image d’un jardin. Elle évoque pour moi un lieu vivant et joyeux, plein de couleurs, en constante évolution. Un lieu de métamorphoses. C’est le jardin de ma grand-mère, ses immenses platebandes débordant de fleurs et d’abeilles. Ce sont les rosiers de mon père, qu’il nommait (et nomme toujours) d’après les personnes qui lui sont chères. Un jardin comme espace clos, protégé, qui demande du soin et de la patience. Un jardin, aussi, comme espace de gaieté et de ressource, d’exploration infinie. Un jardin qui foisonne, qui vit, qui surprend, qui aime l’attention et la liberté. N’est-ce pas une sublime métaphore pour parler de son être intérieur ?

L’un de mes proches amis utilise lui l’idée de jardin pour évoquer l’existence. On parle habituellement de chemin, se conformant à la linéarité du temps, qui avance, inexorablement. On avance dans le temps comme on avance sur le chemin de nos vies, en faisant parfois des détours, en arrivant à des carrefours, en changeant d’itinéraire… Ce ne sont pas les allégories qui manquent.

Mais lui, il préfère l’idée de jardin. Il aime à penser que nous évoluons tous dans notre propre jardin, et qu’il ne tient qu’à nous de défricher, déterrer, cultiver, faire grandir des choses qui sont en fait là depuis toujours. Nous avançons alors dans la vie en prenant soin de ce jardin, en le rendant plus éclatant, plus vigoureux, en lui donnant la possibilité de s’épanouir pleinement, pour qu’il nous surprenne en retour en nous dévoilant de nouvelles plantes dont nous ignorions l’existence.

Cela m’a évidemment rappelé le conseil prodigué par ma mère. J’ai trouvé cette analogie inspirante, poétique, et dans un sens, rassurante. Le jardin, pour moi, est symbole d’espoir. N’est-il pas apaisant de s’imaginer dans un espace à nous, ne demandant qu’à grandir et éclater de beauté grâce à notre amour et notre attention, plutôt que de s’imaginer marchant seul sur un chemin inconnu, qui nécessite constamment d’être déblayé ?

Chemin ou jardin, je vous souhaite en tout cas d’être l’adorateur de ce qui foisonne en vous.

Cultiver son jardin intérieur

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